Écrire grec en alphabet latin : le cas des documents protobyzantins
<10670/1.9ka0fr>

Abstract

Au VIe s., en même temps que l’État protobyzantin cesse d’utiliser le latin comme langue officielle, se développe en Orient la mode de translittérer en alphabet latin des mots de langue grecque. Du point de vue phonétique, la translittération d’une écriture à l’autre suit à cette époque des habitudes relativement homogènes, mais qui s’écartent souvent de la norme scolaire. Mieux que la tradition manuscrite médiévale, où ces graphies sont plus ou moins altérées du fait des copistes, et parfois des éditeurs modernes, les documents originaux permettent de prendre la mesure de ces translittérations. À partir d’une nouvelle inscription datée de 533, l’étude cherche à préciser l’étendue et les modalités du phénomène en passant en revue les catégories documentaires pertinentes : procès-verbaux officiels de l’administration impériale (§ 1 et 2), législation justinienne (§ 4) avec ses épitomés grec (§ 5), sceaux des fonctionnaires impériaux (§ 7), tout indique une mode inspirée par l’État et qui ne s’étend guère au-delà de sa propre sphère. La souscription isolée d’un évêque, d’origine occidentale, est une exception qui confirme la règle (§ 3) ; et les souscriptions notariales d’actes privés égyptiens (§ 6), en adoptant l’écriture latine, affichent leur affinité avec les actes publics. Dans un empire en transition où la connaissance du latin ne va plus guère au-delà de l’alphabet, écrire le grec en caractères dits « romains » témoigne du prestige reconnu à cet alphabet. Seuls les sceaux impériaux à partir du milieu du VIIe s., et le monnayage impérial du VIIIe au Xe s., prolongeront cet usage de l’Antiquité tardive.

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